Le sujet est tentant, ambitieux, et engagé.
Le traitement est ce qu’il est de la part de jeunes étudiants/stagiaires, il dit ce qui doit être dit.
Mais ce n’est pas ce qui m’a marqué dans ce webdocumentaire réalisé en partenariat avec RSF, HonkyTonk et l’AFP. Je n’ai guère l’habitude de critiquer ouvertement les projets d’autrui sur ce blog, il y a tant de projets incroyables dans l’univers du multimédia aujourd’hui. Mais voila, j’ai du mal à comprendre comment il est raisonnablement possible d’en arriver là dans un contexte professionnel. Pas de design, une interface enfermée dans un format cloisonné alors qu’il pourrait sans aucune contrainte particulière être en full page. Habitué à de fortes contraintes de publication moi même, je rêve de pouvoir avoir l’occasion de parfois travailler en pleine page. Typos fines, rouges sur noir, peu lisibles. Navigation simplifiée et peu audible, sans menu transversal. Ergonomie à l’avenant. Il m’a fallu du temps pour comprendre que pour pauser il fallait cliquer sur le petit cercle de progression en bas à gauche.
Comment autant de spécialistes de ce métier peuvent arriver à ce résultat, j’ai du mal à comprendre.
Pas une très bonne publicité pour Klynt non plus. Ce logiciel propriétaire que j’observe depuis que j’en ai appris l’existence publie du flash, à une époque où dire “flash” suscite instantanément une réaction (très irritante) de rejet. C’est un pari risqué que de vouloir faire concurrence à ce logiciel qui va fêter ses 15 ans cette année (sous le nom de “flash”). C’est aussi, selon moi, peu approprié de faire travailler de jeunes journalistes avec ce logiciel qui n’est présent nulle part dans les médias.
Le résultat est frustrant : animations très peu fluides et saccadées, valeur ajoutée pas évidente au premier abord. J’avais été clairement été plus convaincu par klynt dans Rapporteur de crise.
Un sujet tentant, ambitieux et engagé… mais raté.
Voir “Au coeur de la censure”


